Octobre 2026
Je voudrais, au nom de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin (CMA-BÉNIN) et de l’ensemble des artisans, vous remercier d’avoir répondu à notre invitation.
La présente rencontre intervient dans le cadre de la lettre circulaire du Ministre de l’Économie et des Finances, en date du 4 septembre 2026, adressée au Ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance Locale, à l’attention des Préfets et des Maires, relativement à la promotion de la production locale dans la commande publique.
Cette circulaire vient nous rappeler et réaffirmer la volonté du Gouvernement du Président Romuald WADAGNI dans la mise en œuvre effective des dispositions en matière de promotion de la production locale dans la commande publique.
Elle réaffirme notamment l’obligation, pour les administrations, institutions et autres entités publiques, de privilégier l’acquisition de certains produits fabriqués localement auprès des artisans, des unités de production ou des entreprises artisanales.
La Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin tient à saluer cette nouvelle impulsion donnée par le Gouvernement à l’application effective de cette disposition.
Nous devons savoir reconnaître les orientations publiques qui contribuent à construire et à consolider notre économie nationale.
En donnant une place prioritaire à la production locale dans la commande publique, l’État met également sa capacité d’achat au service du développement de notre appareil productif national.
Lorsqu’une administration acquiert des produits fabriqués au Bénin, elle ne satisfait pas seulement un besoin de fonctionnement. Elle crée de la demande pour nos artisans.
Cette demande stimule la production, soutient l’activité économique, favorise la création et la consolidation des emplois et génère des revenus qui profitent à notre économie.
Pour nous, artisans, cette orientation représente une opportunité importante.
C’est le lieu pour moi de dire merci au Président de la République et à tout son Gouvernement.
Mais pour bénéficier pleinement de cette opportunité, nous devons également reconnaître qu’il nous appartient de nous mettre davantage en capacité d’en profiter.
C’est pourquoi j’invite l’ensemble des artisans à prendre les dispositions nécessaires pour être en règle sur les plans administratif et fiscal et remplir les différentes conditions requises pour accéder à la commande publique.
Nous devons également renforcer notre organisation.
Le regroupement des artisans au sein d’organisations professionnelles fortes, crédibles et bien structurées doit nous permettre de mutualiser nos capacités de production et de mieux répondre à des commandes importantes, tant en quantité qu’en qualité et dans les délais requis.
J’insiste particulièrement sur la qualité de nos produits et prestations.
La promotion de la production locale doit aller de pair avec une amélioration continue de la qualité.
La circulaire rappelle d’ailleurs que les produits acquis doivent être conformes aux spécifications techniques, aux normes et aux exigences de qualité applicables.
Nous devons donc être capables de produire davantage, de produire mieux, à des prix compétitifs, dans le respect des normes et des délais.
Mesdames et Messieurs,
À la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Bénin, nous jouerons notre partition en accompagnant davantage nos entreprises artisanales afin qu’elles renforcent leurs capacités de production et de prestation et soient en mesure de répondre durablement à la demande nationale.
À terme, cet accompagnement doit également leur permettre de mieux saisir les opportunités offertes par les marchés sous-régionaux et internationaux.
J’invite les Chefs des Délégations Départementales de la CMA-BÉNIN, dans le prolongement de cette dynamique, à renforcer le plaidoyer et le dialogue auprès des Préfets, des Maires et des structures publiques de leurs départements respectifs.
Il s’agit de contribuer à une application effective de ces dispositions au niveau territorial et de permettre au plus grand nombre d’artisans d’en bénéficier.
Notre souhait est que cette orientation nationale puisse se traduire concrètement dans nos départements, dans nos communes, dans les entreprises artisanales et, surtout, dans les marchés de la commande publique.
Les produits concernés sont répartis en huit catégories, allant notamment des produits céréaliers aux textiles et habillements, en passant par les mobiliers scolaires et administratifs, les instruments culturels et musicaux ainsi que les matériaux de construction et ouvrages de ferronnerie.
Tout en saluant cette avancée, la CMA-BÉNIN voudrait saisir cette occasion pour porter un plaidoyer auprès du Gouvernement en faveur d’un élargissement progressif de la liste des produits concernés.
En effet, plusieurs autres branches de l’artisanat disposent aujourd’hui de savoir-faire avérés et de capacités de production susceptibles de répondre aux besoins des administrations et institutions publiques.
La Chambre est disposée à travailler avec les organisations professionnelles et les structures compétentes de l’État pour identifier ces produits, apprécier les capacités de production disponibles et formuler des propositions susceptibles d’accroître davantage la participation des artisans à la commande publique.
Pour finir, je voudrais réaffirmer que cette orientation mérite d’être saluée, soutenue et surtout poursuivie, car elle participe à la construction d’une économie qui s’appuie davantage sur nos capacités nationales de production et sur le savoir-faire de nos artisans.
Lorsque l’État commande local, il ne répond pas seulement à un besoin de l’administration. Il soutient également toute une chaîne de création de valeur.
Vive le Made in Benin !
Vive l’artisanat et l’entreprise artisanale béninoise !
Je vous remercie.